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Organisé par le salon BATIMAT et le Gimélec, le Challenge Start-ups Construction Tech® a pour but de soutenir des start-ups déjà présentes dans la filière Construction, Bâtiment et Immobilier, mais également de faire émerger toutes celles qui souhaiteraient proposer leurs solutions dans ces secteurs. Un challenge d’envergure puisqu’il s’agit du premier concours à avoir rassemblé autant de start-ups dédiées à ce secteur, avec 110 participants.

Les solutions variées et innovantes présentées par ces 110 start-ups ont permis de faire ressortir 6 tendances fortes, qui révolutionnent le secteur du bâtiment et révèlent une nouvelle manière d’appréhender les technologies au service de la construction.

SIX TENDANCES ISSUES DU

CHALLENGE START-UPS CONSTRUCTION TECH®

Au début, il y avait le BIM, la Réalité Virtuelle, la mobilité électrique, le numérique, l’Internet des Objets (IoT), le Big Data, l’Intelligence Artificielle, le Cloud… Autant de nouvelles technologies qui, chacune dans son domaine, sont en mesure de changer la manière dont les entreprises du bâtiment travaillent, de leur apporter un saut de productivité et de fiabiliser leur production, depuis la conception des bâtiments, jusqu’à leur exploitation et leur démantèlement en fin de vie. Les start-ups qui ont participé au concours Construction Tech® oeuvrent afin de continuer à approfondir et maîtriser ces technologies.

A présent s’ouvre une période autrement plus excitante et prometteuse : celle de l’hybridation entre ces nouvelles technologies. Leur puissance d’innovation est multipliée. Le croisement entre deux ou plusieurs de ces nouvelles technologies ouvre un fabuleux potentiel pour les entreprises du bâtiment. Les start-ups Construction Tech® se sont emparées de ce potentiel.

Elles n’ont pas oublié non-plus de contribuer à résoudre les grandes problématiques actuelles : la construction durable, la production d’électricité décentralisée, la lutte contre le réchauffement des villes, …

Tendance 1 // Approfondir et disséminer les nouvelles technologies

Dans chacune des catégories du concours Construction Tech®, plusieurs participants ont proposé des solutions pour faciliter l’accès et approfondir l’emploi des nouvelles technologies. BIM Cloisons, par exemple, facilite l’emploi du BIM, des maquettes numériques 3D et des possibilités qu’ils offrent pour les plaquistes, les plâtriers et tous leurs donneurs d’ordres : architectes, entreprises générales et maîtres d’ouvrages. BIM myProject et BIMEO ont développé des applications de gestion des chantiers utilisant le BIM et la 3D.
CAD.42 fait appel à une combinaison d’outils numériques et d’IoT (géolocalisation des personnels et des matériels) pour créer un pont entre le monde virtuel de la construction numérique et le monde réel des chantiers, de manière à accroître productivité et fiabilité.
D’autres start-ups, comme INOD, transforment la réalité virtuelle en outil d’aide à la décision ou d’aide à la vente. A partir d’une maquette au format .IFC (Industry Foundation Classes, le format d’échange des fichiers entre les applications BIM), INOD offre une visualisation et un parcours réalistes dans le bâtiment. De quoi permettre aux architectes de mieux expliquer leurs visions à des maîtres d’ouvrages, et permettre aux promoteurs de vendre plus vite des logements encore à l’état de projet.

Tendance 2 // La puissance des outils numériques

Les nouveaux outils numériques sont également mis au service des grands thèmes du bâtiment. Par exemple, s’appuyant sur une maquette BIM, Vizcab fournit un puissant outil d’analyse des performances énergie-carbone des projets de construction, entièrement dans le Cloud. La puissance informatique nécessaire est en effet encore hors de portée d’un micro-ordinateur. Grâce au Cloud, Vizcab est en mesure en quelques heures de simuler jusqu’à 20 000 solutions différentes pour la conception d’un projet.
De même, avec son offre SocialJS, OIP Solutions met en avant des solutions informatiques (CRM, gestion de projets, Ressources Humaines, etc) fonctionnant dans le Cloud. Tout ce dont les entreprises clientes ont besoin, ce sont des ordinateurs avec une connexion et un navigateur internet. C’est aussi l’assurance que les logiciels fonctionnant dans le Cloud sont à jour en permanence.
PriceHubble met le Big Data et l’analyse de terraoctets de données au service des métiers de l’immobilier, transformant d’énormes volumes de données en signaux simples, utiles et accessibles pour l’évaluation des biens et la valorisation des actifs.

Tendance 3 // Mieux répondre à des problèmes existants

D’autre start-ups s’attachent à faciliter les processus déjà existant, de manière à mieux répondre aux besoins des entreprises du bâtiment. Par exemple, SEVE-UP crée un lien entre le BIM et le Big Data au service de la gestion patrimoniale, de l’exploitation et de la maintenance des bâtiments. L’entreprise part de la maquette numérique d’un bâtiment, puis ajoute, et localise dans le bâtiment, tout au long de sa vie, les innombrables données qu’il génère. Tout cela est intégré à la plateforme gratuite KROQI, dédiée au travail collaboratif en lien avec la maquette numérique.
Autre exemple, Air Serenity a développé trois solutions de purification d’air connectées. Deux appareils se posent dans les pièces à traiter, tandis qu’un troisième est destiné à être monté sur l’insufflation d’un système de ventilation double-flux. Tous trois sont autonomes et connectés : ils se mettent en route en fonction d’une détection de divers polluants et préviennent l’utilisateur grâce à une application, lorsqu’il faut changer leur cartouche de filtration.
Magic Mosaic, de son côté, propose grâce à un logiciel associé à une fabrication artisanale, de transformer n’importe quelle image en une mosaïque facile à poser. Elle est livrée en carreaux de 30 x 30 cm numérotés et prêts à poser.
EPUR propose Oakbot, un outil de fraisage numérique portatif destiné à être utilisé sur chantier par les charpentiers.

Tendance 4 // Des innovations simples et efficaces

Toutes les innovations ne font pas nécessairement appel à des technologies numériques. Plusieurs start-ups ont complètement repensé l’approche traditionnelle de certains problèmes spécifiques et fournissent des solutions élégantes, simples et presque Low Tech. Par exemple, Cool Roof propose de peindre les toitures-terrasses en blanc à l’aide d’une résine spécifique, à la fois pour réduire les besoins de climatisation des bâtiments et minimiser l’effet îlot de chaleur.
Immoblade a mis au point une protection solaire intégrée entre les deux vitres d’un double vitrage. Totalement passif, sans aucun besoin d’alimentation énergétique ni de maintenance, la solution Immoblade repose sur une géométrie particulière de lames brise-soleil qui bloque le soleil l’été et le laisse rentrer totalement l’hiver.
Kaousmart, de son côté, a mis au point une solution low-tech, mais tellement astucieuse, de serrage compressif pour l’installation rapide et fiable d’une fermeture sur toute ouverture. Respir, après trois ans de recherche, propose une solution de construction bois pour maisons individuelles. Flovea a développé des kits simples à mettre en oeuvre pour les installations sanitaires et de chauffage central. Enfin, HeatSkin améliore et fiabilise les solutions de chauffage électrique rayonnant par membranes incorporées aux sols ou aux plafonds.

Tendance 5 // Multiplier la puissance des nouvelles technologies grâce à l’hybridation et au croisement

Au-delà de l’approfondissement de nouvelles technologies, aussi révolutionnaires qu’elles peuvent être, il est encore plus intéressant d’en associer plusieurs. En matière de gestion de chantier, par exemple, l’association du numérique et des objets connectés, multiplie les possibilités. C’est l’idée de CAD.42 ou de GenieBelt qui associent numérisation et dématérialisation des documents et processus de chantier à une géolocalisation des matériels et des personnes sur le chantier, pour accélérer les processus et accroître la productivité. L’association du BIM et de la réalité virtuelle par superposition de l’une sur l’autre offre une manière à la fois fiable et rapide de réconcilier sur chantier la maquette 3D du BIM et l’état d’avancement des ouvrages.
C’est la voie de la « Réalité Mixte » poursuivie notamment par les concepteurs nantais de l’application Bloc in Bloc. La réalité mixte s’avère fructueuse aussi bien lors de la construction pour suivre l’avancement et la conformité des travaux, que lors de la maintenance où un simple smartphone ou tablette permettent de superposer sur la photo d’un ouvrage toutes les informations issues de sa maquette numérique, comme les caractéristiques techniques détaillées et la marque d’un composant qui doit être remplacé sur un circuit de distribution d’eau glacée, par exemple.

Tendance 6 // BIM + Blockchain

L’une des associations les plus prometteuses est celle du BIM et de la Blockchain. Elle n’en est qu’à ses début, mais BIMCHAIN, par exemple, a proposé d’utiliser la Blockchain pour vérifier et sécuriser les informations incorporées dans une maquette BIM pour la maintenance d’un bâtiment. Côté énergie, Energysquare a inventé une surface de recharge électrique modulaire, baptisée PbC, capable d’alimenter simultanément un PC portable et plusieurs autres appareils.
Tous ces exemples ne sont que la partie immergée de l’iceberg des nouvelles technologies appliquées au monde du bâtiment. D’autres encore devraient apparaître ou s’approfondir d’ici le salon BATIMAT à l’automne 2019.